Catégorie Immobilier neuf
Le dispositif Scellier bientôt modifié
C’est officiel, car annoncé ce matin par le secrétaire d’Etat au logement lui-même. Selon Benoist Apparu, le dispositif Scellier – qui permet de bénéficier d’une réduction d’impôt de 25 % de la valeur d’un bien immobilier neuf acquis, à condition de le louer en dessous d’un certain montant de loyer, selon la zone géographique, et ce pendant au moins 9 ans – sera modifié dès le 1er janvier 2011. Ainsi, les plafonds de loyer vont-ils être revus à la baisse, pour éviter qu’ils ne soient supérieurs aux loyers du marché, comme c’est trop souvent le cas jusqu’à présent. Objectifs : mieux protéger les futurs acquéreurs et renforcer la contrepartie sociale du dispositif. Cette “disparité relativement importante des loyers de marché au sein d’une même zone”, constatée le secrétariat d’Etat, nuit en effet à certains épargnants bailleurs, qui se retrouvent sans locataires compte tenu de prix trop élevés. Or, rappelle le gouvernement, “la location effective du bien conditionne le bénéfice de la réduction d’impôt.”
Concrètement, une distinction sera faite au sein de la zone A, où l’amplitude de variation des loyers est la plus forte (de 12 ¤ à plus de 25 ¤/m²/mois) : les plafonds actuels continueront de s’appliquer pour Paris et certaines communes de la petite couronne (plafonds A bis), mais seront réduits de 26 % pour les autres (plafonds A). Par ailleurs, dans les zones B1 (entre autres, les agglomérations de plus de 250 000 habitants, ainsi que la Côte d’Azur, les DOM et la Corse) et B2 (les autres agglomérations de plus de 50 000 habitants et les limites de l’Ile-de-France notamment), les plafonds de loyer seront réduits de 14 %. Enfin, des agréments seront délivrés en zone C (reste du territoire), qui est exclue du dispositif.
Rappelons que seuls les logements acquis à compter du 1er janvier 2011 (ou dont la demande de permis de construire a été déposée à partir de cette date) sont concernés par cette disposition.
Source: Meilleurtaux
La loi Scellier est-elle toujours intéressante ?
Trouver le bien immobilier bien placé, au bon prix, à la bonne surface avec une construction de qualité, c’est le rêve de tous investisseurs désireux de se créer un patrimoine immobilier tout en défiscalisant. Mais est-ce encore possible ?
Compte tenu de la hausse faramineuse des prix sur ces dix dernières années, les « bons coups » immobiliers ont quasiment disparus. Cela est d’autant plus vrai dans l’immobilier neuf.
Acheter au bon prix
Que signifie acheter au bon prix ? Est-ce acheter pas cher ou au prix de marché… La est toute la question, car dans des villes ou la demande de biens immobiliers est forte, les prix de l’immobilier ont tendances à augmenter. C’est la loi de l’offre et de la demande. Dans ce cas précis les biens immobiliers seront certes trop chers mais seront au prix de marché.
Ces prix d’achat élevés ont aussi pour conséquences de faire baisser la rentabilité locative de votre investissement. La hausse des loyers ne suit pas forcement la hausse des prix (d’autant plus qu’il existe des plafonds de loyers Scellier). Acheter au bon prix c’est donc tout simplement acheter au prix du marché local, tout en gardant à l’esprit le niveau de rentabilité de l’investissement.
Dernier point à ne pas occulter. La plus value de revente à terme. Certes ce paramètre est dur à extrapoler, mais il y a fort à parier que dans 10 ou 15 ans lorsque vous revendrez votre bien Scellier, les prix du foncier auront tout de même augmenté.
Scellier trop cher ?
Certes les prix des biens immobiliers neufs sont supérieurs de 20% à 30% à ceux de l’ancien, mais il faut modérer cette « surcote ». Lorsque vous achetez un bien immobilier neuf, les frais de notaire sont réduits (2,5% environ contre 7% en moyenne dans l’ancien). Votre bien immobilier étant neuf vous bénéficiez de garanties de construction. Enfin vous n’avez aucuns travaux à faire avant de le mettre en location.
Dans l’ancien les travaux de rénovation peuvent vite couter des sommes importantes (coût des matériaux, coût horaire de la main d’uvre…). A cela peut s’ajouter beaucoup de temps perdu et des aléas de chantier imprévisibles.
Neuf ou ancien ?
La solution parfaite n’existe pas. Le choix entre l’investissement dans le neuf ou l’ancien dépendra de nombreux paramètres. Vous souhaitez réduire vos impôts ? Le choix du neuf s’impose. Avec la loi Scellier vous défiscaliserez 25% du montant investi sur 9 ans (A compter de 2011 il faudra investir en loi Scellier BBC pour bénéficier des 25% de réduction d’impôt). Vous souhaitez investir sans contraintes ? Les biens immobiliers vendus neufs sont généralement proposés avec des garanties de loyers et des gestionnaires qui s’occupent de tous.
Attention toutefois à ne pas investir dans le seul but de la réduction d’impôt. Qualité de construction, emplacement, marché locatif… sont les bases de tout investissement dans l’immobilier. C’est d’autant plus vrai dans le neuf.
A l’inverse vous souhaitez tous maitriser et avoir un patrimoine immobilier de caractère qui vous ressemble. L’ancien c’est l’assurance d’avoir un bien immobilier unique à un prix d’achat raisonnable si vous n’effectuer pas beaucoup de travaux. Attention toutefois à bien anticiper votre future fiscalité, car une fois votre déficit foncier (dû aux travaux) consommé vous serez fortement fiscalisé sur les revenus fonciers perçus.
Franchir le pas
Quelque soit l’option que vous aurez choisie, investir dans l’immobilier reste, sur le long terme, le meilleur placement. Il permet à la fois de créer un patrimoine transmissible et créateur de revenus complémentaires.
D’un point de vu sécurité, l’immobilier offre un atout de taille en cas de défaillance de l’emprunteur. Il y a une assurance prêt immobilier. Cela signifie quand cas de décès, le bien immobilier est totalement payé, que cela arrive 5 ans ou 15 ans après la date d’achat. Combien aurez-vous épargné sur un contrat d’assurance vie au bout de 5 ans ? Certainement moins que la valeur du bien immobilier…
Enfin il n’y a pas que la loi Scellier. Pour les petites surfaces et les budgets serrés, la loi Bouvard peut être une bonne alternative. Elle permet d’investir dans des résidences de services (Ehpad, résidences étudiantes…) et de bénéficier de 25% de réduction d’impôt. Le versement des loyers est garanti par la signature d’un bail commercial entre l’investisseur et le gestionnaire de la résidence. Enfin la loi Bouvard permet de récupérer la T.V.A ayant grevé l’acquisition, soit 19,6% d’économies supplémentaires.
En conclusion, de nombreuses solutions existent : neuf, ancien, Scellier, Bouvard… mais il faut adapter chaque solution à sa situation et non pas adapter sa situation aux solutions.
Une rechute menace-t-elle le secteur de la construction immobilière ?
La reprise observée depuis le début de l’année des constructions de logement en France commence à avoir du plomb dans l’aile…
Après un bon en avant de + 14,6% durant la période mars-mai 2010, la construction immobilière française connait désormais une baisse de – 0,3% au cours du second trimestre 2010, comparé à un an plus tôt.
Selon le secrétaire d’Etat au logement Benoist Apparu, la conjoncture économique nationale est fragile pour les professionnels de la construction. D’après lui, l’embellie du nombre de permis de construire délivré est un véritable signal positif pour la profession, un espoir toutefois pas encore concrétisé dans les faits.
Le déséquilibre entre l’offre et la demande, reste encore conséquent en France, les biens immobiliers sur le marché étant beaucoup moins nombreux que les acheteurs potentiels.
Pour Michel Mouillart, professeur d’économie dans l’université de Paris X-Nanterre, en affichant un volume de mises en chantier établi à 70.281 unités, la stagnation semble être de mise pour ce deuxième trimestre 2010 par rapport aux trois mois précédents. L’une des raisons de cette stagnation sectorielle est, selon l’économiste, à chercher du coté du gel des crédits qui a eu comme répercussion une diminution des constructions de logements collectifs sociaux.
Et les dernières décisions gouvernementales ne vont pas changer la situation tant la rigueur semble devoir s’imposer à travers la réduction, voire la suppression de plusieurs mesures de soutien concernant l’immobilier neuf. La fin du doublement du prêt à taux zéro aurait ainsi contribué à faire chuter de 17,4% les mises en chantier durant le mois de juin 2010, stoppant net la relance enregistrée lors des mois précédents.
Les chiffres sont accablants, en un an le nombre de lancement de constructions a dégringolé a 295.981, bien loin de l’objectif gouvernemental de 500 000. A titre de comparaison, les mises en chantier des années précédentes étaient de 297.000 en 2009, 368.000 en 2008 et 435.000 en 2007.
Face à cette situation alarmante, certains secteurs immobiliers tirent leur épingle du jeu, tels que la vente de logement ancien dont les prix ont progressé de 8,5% (chiffre Century 21), de même pour les permis de construire qui ont augmenté de 15,5% en un seul semestre. Reste à savoir comment ce secteur d’activité arrivera à se relancer après le récent désengagement de l’Etat à son égard…
La baisse des prix de l’immobilier touche à sa fin
C’est en tous cas le résultat d’une enquête réalisée par le bureau d’études économiques sectorielles, Xerfi.
Selon ses experts, les transactions dans l’ancien vont redémarrer doucement d’ici à l’an prochain, grâce au retour des secundo-accédants, à l’amélioration – encore toute relative – de la conjoncture économique, et aux conditions de financement, qui vont rester très favorables.
Mais, selon Xerfi, le marché sera loin d’atteindre des sommets, car les effets de la récession vont se prolonger pendant encore deux ans.
Du côté de l’immobilier neuf, les deux années à venir seront également difficiles, prévoit Xerfi. À en croire le bureau d’études, l’offre sera au plus bas, et les transactions, en recul, jusqu’à la fin 2011.
Globalement, les transactions vont repartir et retrouver leur niveau des années 90, soit près de 700 000 par an. Les prix, en revanche, vont se maintenir à un haut niveau. Pourquoi ? Les ménages ont toujours autant envie d’accéder à la propriété, le décalage entre l’offre et la demande va persister et, enfin, les taux d’intérêts vont rester bas.
Par ailleurs, Xerfi prévoit une forte remontée des prix du neuf, en raison notamment de la rareté des ressources et de la hausse croissante des nouvelles normes de construction et d’isolation issues du Grenelle de l’environnement. Ainsi, à l’horizon 2015, l’attractivité du marché de l’ancien devrait se renforcer tandis que celui du neuf pourrait traverser des phases de croissance molle jusqu’en 2011.
Source : Meilleurtaux
Immobilier juin 2010 : les chiffres et l’actualité
Voici un résumé des chiffres à retenir sur l’immobilier en juin 2010 : prix, taux, statistiques et évolution du marché de l’immobilier neuf. Voici également un aperçu des actualités les plus fortes : courbes de Friggit de juin 2010, baisse annoncée des aides au logement et déclaration d’impôt.
Chiffres des constructions et de l’immobilier neuf
Retrouvez ce document officiel sur les chiffres et statistiques des constructions de logements en France. Il s’agit des données arrêtées à fin avril 2010 sur (…)
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Pas de déduction d’impôt du crédit immobilier sans label énergétique
Mesure phare de la loi pour le Travail, l’Emploi et le Pouvoir d’achat (Loi TEPA), la déduction d’impôt des intérêts du crédit immobilier se plie elle aussi aux exigences de la vague écologique. En vertu des dispositions du projet de loi dit Grenelle 2 et en attendant la publication d’un prochain décret, ce crédit d’impôt se trouve d’ores et déjà conditionné aux performances énergétiques du logement concerné et à leur justification par le propriétaire.
Si les particuliers souhaitant acquérir un bien immobilier neuf au titre de résidence principale peuvent depuis 2007 bénéficier d’une déduction d’impôt sur les intérêts de leur prêt immobilier, celle-ci est depuis 2009 déterminée en fonction de la performance énergétique du dit logement. Jusqu’à il y a peu, l’achat d’un bien immobilier neuf ouvrait droit à un crédit d’impôt de 40% des intérêts d’emprunts la première année puis de 20% les 4 années suivantes. Avec le projet de loi Grenelle 2 et l’instauration d’une nouvelle réglementation thermique, les bâtiments dits « basse consommation » (logements BBC) se présentent désormais comme la nouvelle norme. Une norme à laquelle il faudra répondre pour pouvoir bénéficier pleinement du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt.
Un décret devrait prochainement venir statuer sur les modalités d’application de ce volet de la loi TEPA déjà passablement remanié en 2009. En attendant sa publication, l’administration a d’ores et déjà instauré, de manière transitoire, toute une série de dispositions concernant crédit d’impôt et immobilier écologique.
On le savait déjà, les logements étiquetés « basse consommation » peuvent désormais se prévaloir d’une déduction d’impôt égale à 40% des intérêts du crédit immobilier pour chacune des sept premières années de remboursement. Ce que l’on savait moins, en revanche, c’est que pour pouvoir bénéficier de cet avantage fiscal, le propriétaire d’un bien immobilier sera éventuellement amené à justifier de son caractère « écologique ». A la demande de l’administration, il devra donc apporter la preuve que son logement respecte la réglementation thermique en vigueur et ce, « par tous moyens ». Si le label « BBC 2005 » représente l’un de ces moyens, l’instruction rendue publique le 1er juin dernier rappelle que « la justification du respect de la réglementation thermique peut également être apportée par la production du certificat mentionnant l’attribution [d'un autre] label, délivré par un organisme certificateur » (HPE 2005, THPE 2005, HPE EnR 2005 et enfin THPE EnR 2005).
Le crédit d’impôt soumis à la justification des performances thermiques du bien immobilier ne concerne que les logements acquis neufs ou en l’Etat futur d’achèvement. En fonction de leur date de construction, diverses situations peuvent être envisageables :
Bien dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2010 : pas d’obligation de justification pour pouvoir bénéficier du crédit d’impôt « et cela même si l’achèvement du logement intervient après le 1er janvier 2010 ».
Bien dont le permis de construire a été déposé à compter du 1er janvier 2010 : le contribuable (et propriétaire du logement concerné) est dans l’obligation de justifier de la labellisation écologique de son bien. « A défaut, le crédit d’impôt peut être remis en cause ». Ne disposant pas de label BBC (ou autre certificat de performance énergétique), un logement neuf verra sa déduction d’impôt progressivement réduite :
- Acquis ou construit en 2009 : 40% des intérêts du prêt immobilier la 1ère année puis 20% les 4 années suivantes.
- Acquis ou construit en 2010 : 30% des intérêts du prêt immobilier la 1ère année puis 15% les 4 années suivantes.
- Acquis ou construit en 2011 : 25% des intérêts du prêt immobilier la 1ère année puis 10% les 4 années suivantes.
- Acquis ou construit en 2012 : 15% des intérêts du prêt immobilier la 1ère année puis 5% les 4 années suivantes.
A noter que, quelle que soit la situation observée, le contribuable ne devra fournir la justification des performances de son logement qu’en cas de demande émanant de l’administration. Concernant les logements dits « anciens » (de 5 ans ou plus), le crédit d’impôt reste de 40% la première année et de 20% les quatre années suivantes.
Le marché immobilier va mieux et les prix s’envolent à Paris
« Quand l’immobilier va, tout va ». S’il fallait prendre l’adage bien connu pour argent comptant, nous pourrions alors très prochainement rayer la crise de nos sujets de préoccupation. Mais les dictons ont malheureusement eux aussi leurs défaillances car si les difficultés économiques persistent, l’immobilier semble, à en croire la dernière publication des Notaires de Paris Ile-de-France, confirmer son rétablissement.
« Depuis l’été dernier [...] les marchés immobiliers sont nettement repartis après une période de pause », observe la Chambre des Notaires de Paris Ile-de-France dans sa note de conjoncture trimestrielle dévoilée ce jeudi 27 mai 2010. Fini donc l’attentisme ambiant, sortant de sa torpeur « le marché immobilier retrouve une activité normale, depuis son lent redémarrage à l’été 2009 ». Sur l’ensemble de l’Ile-de-France, avec près de 41.000 biens immobiliers vendus les notaires ont enregistré un volume de transactions certes encore en deçà des niveaux observés avant la crise mais en très nette progression (+80%) par rapport au 1er trimestre 2009.
Cette hausse des transactions semble principalement s’observer pour l’immobilier neuf. Remportant un franc succès, le dispositif de défiscalisation Scellier permet en effet au marché du neuf d’afficher aujourd’hui un indéniable rebond. Selon les notaires, « les promoteurs ont écoulé leurs stocks beaucoup plus rapidement que prévu », de quoi se réjouir donc pour ces professionnels qui craignent toutefois d’être désormais confrontés à une pénurie de logements disponibles à la vente. « Ils ne disposent pas aujourd’hui d’offres de logements de substitution, du fait de l’interruption de beaucoup d’opérations pendant la période de crise ». Pour Christian Lefebvre, récemment nommé à la tête des notaires d’Ile-de-France, « ce sera difficile de résorber ce déficit alors qu’il se construit actuellement seulement 30.000 logements neufs par an en Ile-de-France alors que les pouvoirs publics ont des objectifs ambitieux de monter à 70.000 par an ».
Sur le front des prix, la tendance est très nettement à la hausse. Pour la région francilienne, les appartements affichent sur ce 1er trimestre 2010 un prix moyen en progression de 2,5% (en variation trimestrielle). Les maisons enregistrent quant à elles une hausse de 2,3% par rapport au quatrième trimestre 2009. Cette évolution apparaît plus marquée à Paris avec une hausse de prix des appartements de l’ordre de 3,2%. « Tous les arrondissements de Paris et toute l’Ile-de-France sont touchés par la hausse; seules quelques maisons bourgeoises de la grande couronne, éloignées des transports et gourmandes en énergie, y échappent », commente le secrétaire général de la Chambre des notaires, Maître Joubert. De l’avis d’un de ses confrères, Thierry Delesalle, pour cette année 2010, « si la hausse continue, on s’attend à Paris intra-muros à une hausse des prix supérieure à 10 % ».
Alors que les professionnels de l’immobilier semblent donc avoir de bonnes raisons de se réjouir, certains observateurs manifestent d’ores et déjà leur incertitude quant à la pérennité de cette situation. Le fondateur du site Meilleursagents.com, Sébastien de Lafond, fait ainsi état d’ « un marché de surchauffe, avec une offre trop restreinte, puisqu’il n’y a rien à acheter, et ce rythme de hausse est insoutenable et inquiétant ». Mathilde Lemoine, directrice des études économiques chez HSBC, dresse une perspective similaire en estimant que « la remontée des prix va à nouveau peser sur la solvabilité des ménages, d’autant que les facteurs de soutien exceptionnel, intervenus en 2009, vont disparaître ».
Les notaires restent toutefois plus optimistes et concluent leur note de conjoncture avec la prévision d’un printemps 2010 qui « sera une période de forte activité immobilière, comme c’est traditionnellement le cas en cette partie de l’année ».
L’immobilier neuf rebondit : nouveau départ ou simple sursis ?
Attendue comme le messie par grand nombre de professionnels de l’immobilier, la dernière publication du ministère de l’Ecologie et du Développement Durable confirme d’une façon inattendue le rétablissement progressif du secteur immobilier.
« Tous les indicateurs de la construction de logements sont repassés au vert: les permis de construire, comme les mises en chantier, sont en progression », a déclaré ce mercredi 26 mai Benoist Apparu à l’AFP. Si certains peuvent encore légitimement douter d’une reprise franche et vigoureuse de l’immobilier pour cette année 2010, le ministère de l’Ecologie semblait toutefois, depuis le début de l’année, venir attester au fil de ses publications mensuelles d’un lent et progressif rétablissement du secteur. En constatant le mois dernier un nombre de permis de construire en progression de 11,1% (sur les 3 premiers mois de l’année et par rapport au premier trimestre 2009), le secrétaire d’Etat au Logement n’avait alors pas caché son enthousiasme : « pour la première fois depuis deux ans et demi, le nombre de permis de construire accordés repart à la hausse ».
Sa satisfaction doit aujourd’hui être à la hauteur de la surprise réservée par les derniers chiffres ministériels. Après une hausse de 11,1%, le nombre de permis de construire délivré entre février et avril affiche en effet une progression de 24,7% par rapport à la même période un an auparavant pour se porter à 95.447. Mieux, après avoir enregistrées un recul de près de 5% sur le 1er trimestre, les mises en chantier retrouvent enfin une valeur positive avec un léger +0,6% (75.411 unités entre février et avril, toujours par rapport à la même période en 2009). De l’avis de l’économiste Michel Mouillart, si « tous ces chiffres prouvent que nous sommes dans une année de redémarrage, [...] nous ne savons pas encore si la reprise sera franche ou si elle connaîtra quelques hoquets comme au milieu des années 1990 ».
Du côté des ventes de logements neufs, « les tendances [...] laissent penser à une poursuite à la hausse », précisait hier Benoist Apparu en observant pour le 1er trimestre 2010 une progression de 5,3%. Une hausse des ventes largement alimentée par le succès du dispositif de défiscalisation Scellier mais dont bon nombre d’observateurs doutent de la pérennité. Celle-ci pourrait en effet se voir érodée par une capacité d’emprunt des ménages trop faible pour compenser une hausse notable des prix. En comparaison des prix affichés au 1er trimestre 2009, le prix des appartements aurait ainsi enregistré au cours des 3 premiers mois de l’année 2010 un rebond de 6,8%. Quant aux maisons, si elles présentent un prix moyen en légère hausse de 1,8%, celle-ci se porte à +4% pour les petites surfaces (4 pièces et moins).
Le Grenelle 2 voté : quelles mesures pour l’immobilier ?
Entamé le 4 mai dernier, l’examen du Grenelle 2 par l’Assemblée nationale s’est donc clôturé, ce mardi 11 mai, avec son adoption par les députés (314 voix pour, 213 voix contre). Fort de quelques 250 articles, ce « monument législatif », comme s’est plu à le nommer Jean-Louis Borloo le ministre de l’Ecologie, instaure diverses mesures en faveur du développement durable, notamment dans les secteurs de l’immobilier et de la construction.
Le Grenelle 1 organisé en octobre 2007 s’était fortement engagé pour une rénovation énergétique de notre parc immobilier en préconisant une nouvelle réglementation thermique devant être mise en place dès le 1er juillet 2011 (réglementation fixant aux logements un seuil de dépense énergétique de 50 kWh/m²). Le Grenelle 2 donne aujourd’hui un cadre législatif aux recommandations du Grenelle 1 et valide cet objectif majeur de réduire la consommation d’énergie en proposant des bâtiments écologiquement plus performants.
- Un bien immobilier neuf devra désormais répondre à cette future réglementation thermique (RT 2012) et obtenir la certification attestant du respect de cette norme dès l’achèvement des travaux.
- Toujours pour les logements neufs, la réalisation d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) deviendra bientôt obligatoire.
- Concernant l’immobilier ancien (à savoir les logements de 5 ans et plus), la réalisation d’un diagnostic DPE sera rendue obligatoire dès la mise en vente du bien. Sous forme d’une « étiquette énergétique », les résultats de ce diagnostic devront ainsi figurer sur chaque annonce immobilière.
- Le projet de loi Grenelle 2 prévoit d’instaurer, à compter de 2020, un seuil d’émission de CO2 établi en fonction du mode de chauffage utilisé.
- Obligation sera également imposée aux propriétaires de fournir un diagnostic de performance énergétique lors de la location de leur bien immobilier.
- Sur le front de la fiscalité verte, le Grenelle 2 proposera un allègement d’impôt (appliqué sur la taxe foncière) à chaque organisme HLM qui oeuvrera au développement des énergies renouvelables (panneau solaire, éolienne, biomasse…).
« Il y a eu des chausse-trapes, il y a eu des malentendus, cela a été difficile, mais on l’a mené à bon port, n’en déplaise aux grincheux », s’est félicité Jean-Louis Borloo, à l’issue du vote de l’Assemblée nationale. Interrogée il y a quelques jours par iTélé, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, tenait pour sa part à rappeler que « le Grenelle, ce sont des investissements d’avenir, pas de la contrainte budgétaire ». Elle se réjouissait hier de l’aval donné par les députés à ce projet de loi : « c’est un grand texte, une grosse boîte à outils. On a maintenant les moyens de tenir les engagements du Grenelle ».
Reste maintenant au texte du Grenelle 2 d’être examiné par une commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs) avant d’être soumis, dans sa version finale, au vote définitif de l’Assemblée nationale et du Sénat.
En mai les taux de crédit immobilier font ce qui leur plaît : ils baissent
Voilà bien un son de cloche que l’on ne se lasse pas d’entendre : si l’on en croit les courtiers en ligne Meilleurtaux et ABCourtage, les taux de crédit immobilier auraient poursuivi leur recul sur les périodes de fin avril et début mai.
Inlassable ritournelle jouée quasiment chaque mois depuis la fin de l’année 2008, les taux de prêt immobilier enregistrent donc sur ce début du mois de mai un nouveau repli. L’annonce émane de deux spécialistes du crédit en ligne, Meilleurtaux et ABCourtage, et sonne comme une invitation faite aux particuliers de ne pas se détourner d’une éventuelle volonté d’acquisition immobilière.
Si les prix de l’immobilier neuf semblent repartir à la hausse (selon une note publiée le 5 mai dernier par la fédération des promoteurs constructeurs, voir notre article) et ceux des logements anciens laissent entrevoir, dans les plus grandes villes tout au moins, une orientation similaire, les candidats à l’achat peuvent donc encore compter sur des conditions de crédit que Sandrine Allonier, responsable des études économiques de Meilleurtaux, juge « très favorables ». Selon elle, « les taux fixes sur 15 ans n’ont atteint ce niveau que durant huit mois depuis 10 ans, entre juin 2005 et avril 2006 ». Et pour cause, le courtier observe qu’une grande majorité (70%) de ses établissements partenaires a récemment revu leurs taux à la baisse. Un ajustement qui apparaît osciller entre -0,11 et -0,20% et porte ainsi les taux d’intérêt les plus compétitifs à 3,35% pour un prêt immobilier sur 15 ans.
Pour ABCourtage, le recul ainsi enregistré en début mai s’établit en moyenne à -0,10%. Dans le détail, les crédits immobiliers contractés sur 15 et 20 ans peuvent se prévaloir d’un taux moyen respectif de 3,45 et 3,60%.
Portés par leur volonté de s’attirer de nouveaux clients et soutenus par une Banque centrale européenne (BCE) qui a laissé son principal taux directeur inchangé à 1%, les établissements prêteurs devraient poursuivre leur politique des taux bas quelques semaines voire quelques mois encore. « Nous pensons que les taux vont rester à un niveau très bas au moins jusqu’à la fin du 3ème trimestre 2010 », souligne Sandrine Allonier avant d’ajouter qu’ « aucune hausse significative ne devrait intervenir avant l’automne prochain ».